La chevalière de Robert Gauthron

Fin 2021, dans les archives de mon père, Serge Gauthron 1943-2020, je découvre un carton contenant quelques affaires ayant appartenu à son père, Robert Gauthron 1902-1976. Parmi elles se trouve une chevalière en or, soigneusement conservée.

Et la voici portée au doigt, ce qui permet de mieux apprécier la forme du plateau et l’orientation du monogramme :

A qui appartenait cette chevalière ?

En consultant les photos de la famille Gauthron du début des années 1970, Robert Gauthron portait bien cette chevalière à l’annulaire de la main droite.

Il la portait en 1951 mais à l’annulaire de la main gauche :

1951 – Paris – 12 Rue Dardanelle – Robert Gauthron Tatiana Sonine
1951 – Madagascar – Ivato – Robert Gauthron avec la chevalière.

Une photographie prise en 1946 semble montrer qu’il la possédait déjà :

3 mai 1946 – Madagascar – Fianarantsoa – Tatiana Sonine Robert Gauthron

Je continue à remonter le temps et constate que, jusqu’en 1940, Robert Gauthron ne portait à cet annulaire que son alliance.

juin 1939 – Tananarive – Tatiana Sonine et Robert Gauthron avec leurs alliances

Une autre photographie de 1942, malheureusement peu nette, semble indiquer qu’il ne portait pas encore cette chevalière.

Pour quelle occasion ?

Ainsi, je situe son achat entre 1942 et 1946, difficile d’être plus précis. Pour les années intermédiaires, les photographies disponibles ne montrent pas la main gauche de Robert, ou bien celle-ci est trop éloignée pour permettre d’identifier avec certitude la bague qu’il porte.

1943 pourrait être une date plausible pour son acquisition, puisqu’elle correspond à la naissance de leur fils unique, Serge. Elle aurait alors pu être choisie pour marquer cet événement familial important.

1942, année des 40 ans de Robert, aurait également pu constituer une occasion toute naturelle pour l’achat ou l’offrande de cette chevalière.

Que représente-t-elle ?

Cette chevalière en or, d’un poids d’environ 27 à 28 grammes, semble avoir été acquise au cours des premières années qui ont suivi le mariage de Robert avec Tatiana Sonine (1921-2017), célébré en 1937. Le symbole présent ressemble davantage à une marque personnelle qu’à un symbole religieux ou héraldique classique. Le motif gravé sur le plateau semble avoir été conçu comme un monogramme très stylisé, composé de plusieurs initiales collées ou imbriquées.

La lecture la plus cohérente serait celle d’un ensemble G – R – T : le T, très nettement visible au centre, pourrait représenter Tatiana ; le R, réduit à une forme anguleuse proche d’une équerre, correspondrait à Robert ; enfin, le G de Gauthron serait composé de la petite équerre supérieure et suggéré visuellement par l’arrondi même du plateau de la chevalière.

Le dessin formerait ainsi un véritable monogramme d’union, associant le nom de famille Gauthron, le prénom Robert et l’initiale de Tatiana dans un même symbole. Cette interprétation reste une hypothèse, faute de document contemporain décrivant la gravure, mais elle correspond bien à la forme du motif, au style géométrique de l’époque et au contexte familial de la bague.

Hypothèse retenue : monogramme GRT — Gauthron, Robert, Tatiana — probablement conçu comme symbole d’union du couple, peut-être renforcée ou célébrée par la naissance de leur fils Serge.

Le point le plus discutable reste l’interprétation du « R », dont la forme serait très anguleuse, presque réduite à une équerre ou à un petit crochet, semblable à certains « R » communs de la dernière ligne présentés ci-dessous :

A défaut de certitude nous devons envisager une lecture plus simple du monogramme, limitée aux lettres G et T, pour Tatiana Gauthron. Dans cette hypothèse, la chevalière aurait pu être offerte par Tatiana à Robert comme un bijou symbolique, portant ses propres initiales et destiné à rappeler sa présence indéfectible auprès de lui.

Ces 2 interprétations séduisantes restent impossible à confirmer en l’absence d’un témoignage ou d’un document contemporain expliquant l’origine de la bague.



Je porte aujourd’hui cette chevalière vieille de plus de 80 ans, devenue à mes yeux un symbole de transmission entre les générations. Mais son histoire ne s’arrête pas là, je lui donne désormais une nouvelle signification. Son monogramme devient pour moi « G T », correspondant à mes propres initiales. Fruit du hasard ou du destin ? Chacun se fera sa propre opinion.


Commentaires

Une réponse à “La chevalière de Robert Gauthron”

  1. Avatar de Brisson-Le Granché Nicole
    Brisson-Le Granché Nicole

    Avant de lire ta conclusion et en voyant cette chevalière à ton doigt pour la photo, j’ai immédiatement pensé qu’elle pouvait se lire « Gauthron Thomas ». Et j’ai vu en fin de ton texte que tu avais eu la même pensée. C’est une très bonne conclusion pour moi.

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